« Les Jardins de Gally » rend la ville plus fertile

Aménager, entretenir et animer des projets végétaux d’intérieur et d’extérieur dans les entreprises, les centres commerciaux et les espaces publics : c’est le rôle des Jardins de Gally, leader du paysagisme d’entreprise. Leur ambition : optimiser le bien-être des usagers et l’attractivité des lieux de vie urbains. Nous nous sommes entretenus avec Pierre Darmet, en charge du marketing.

Monsieur Darmet, pourriez-vous nous présenter en quelques mots les Jardins de Gally, et notamment quelques réalisations emblématiques ?

Le terme « Gally », qui signifie étymologiquement « terre boueuse et marécageuse », renvoie à la fois à un territoire, celui de l’actuel Versailles, et aux jardiniers et paysagistes nés d’une famille d’agriculteurs. Son origine historique remonte au XIe siècle avec un texte témoignant de la présence d’une ferme occupée par des moines bénédictins. Cette ferme a approvisionné la Cour puis l’agglomération parisienne en nourriture et en plantes.

Pour ce qui est des Jardins de Gally, nés à la fin des années 1960, ce sont les leaders du paysagisme d’entreprise. Nous apportons des éléments de nature aux entreprises – paysages, jardins d’intérieur et d’extérieur –, mais aussi un service quotidien aux collaborateurs comme des fruits et des fleurs au bureau. Nous les accompagnons dans toutes les étapes du projet, de son élaboration (avec le Bureau d’Études) à sa mise en œuvre, jusqu’à l’entretien des espaces aménagés.

Nous végétalisons par exemple des centres commerciaux, des gares et des aéroports (la gare Marseille Saint-Charles, celle d’Aix-en-Provence, l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle…), mais aussi des espaces de loisirs comme des centres aquatiques.

Centre commercial E. Leclerc Atlantis à Nantes

Centre commercial E. Leclerc Atlantis à Nantes

SCI à Chambourcy (78)

SCI à Chambourcy (78)

Avec 80% d’urbains en 2050, la question de la place de la nature en ville est plus que centrale. Comment définiriez-vous la biodiversité urbaine ?

Déterminer ce qu’est la biodiversité urbaine n’est pas si évident. On peut la définir comme le contact et la compatibilité entre une certaine forme de nature et la vie humaine, une nature qui serait acceptée dans ses bons comme ses mauvais côtés (les rats, par exemple).

Depuis quelques années, les acteurs de l’immobilier se penchent sur la question de la rénovation énergétique. La ville s’intéresse à la biodiversité en tentant, par exemple, de recréer des corridors écologiques. Comme la biodiversité a un effet positif en termes d’écologie, certains parlent de biodiversité positive. Il est certain que plus tôt on agira, plus tôt on en mesurera les effets. Et, comme le montre la statistique que vous mentionnez, on pourra bientôt toucher 80% des gens dès leur plus jeune âge. La dimension pédagogique de notre rôle est, par conséquent, considérable.

Toiture de la Cité de l'architecture et du patrimoine par Les Jardins de Gally

Toiture de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris

Les Jardins de Gally font partie des membres fondateurs du Conseil International Biodiversité et Immobilier (CIBI), aux côtés d’acteurs comme la Caisse des Dépôts, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et Bouygues Construction. Qu’est-ce qui vous unit dans votre vision de la ville ?

Si l’on veut être caricatural, peu de choses réunissent toutes ces entreprises aux intérêts très différents. Les espaces urbains sont au cœur d’enjeux multiples (économique, écologique, esthétique, historique, sociologique, technique…) et la diversité des acteurs conduit à l’hétérogénéité des prises de position. Mais ces entreprises se sont rendues compte qu’une attitude sectaire n’était pas constructive.

Le Conseil International Biodiversité et Immobilier est donc né du rassemblement autour d’une cause commune : l’espace vivant dans un projet immobilier. Il a résulté de la volonté unanime de faire évoluer les standards en la matière. L’immobilier avait besoin de s’entourer de compétences pour se différencier. L’écologue apporte son expertise écologique, le Bureau d’Études solutionne les dilemmes techniques de poids et de maintenance, par exemple. Ainsi, le label BiodiverCity a été créé en réponse à un manque d’outil en matière de biodiversité.

Le shopping fertile est en train de devenir une composante de l’espace public. Qu’est-ce que recouvre cette notion, et comment faire pour que les espaces verts ne soient pas réservés aux lieux de consommation dans la ville ?

D’abord, la locution « espace vert » me paraît désuète car elle met l’emphase sur la couleur et donc le résultat. Je lui préfère celle d’« espace vivant » qui intègre une dimension évolutive et connectée avec d’autres espaces – les insectes et les oiseaux d’une part, l’humain d’autre part. Je lui préfère aussi celle d’« espace fertile », par exemple le bureau ou l’entreprise fertile. Je trouve cette dernière locution intéressante car elle renvoie à un terreau qui permet de faire pousser quelque chose.

De plus en plus d’espaces commerciaux s’implantent différemment aujourd’hui, partant du postulat qu’on ne peut plus opposer nature et shopping. Le commerce apporte une valeur ajoutée à des espaces tels que les aéroports, devenus des lieux de consommation. Les commerces et bureaux en périphérie des villes, qui ressemblent à des boîtes à chaussures, sont des choix faits au mépris de l’architecture, du paysage des riverains et de l’écologie. L’expérience client – rendre les espaces plus attractifs et plus agréables – est devenue une priorité. Pour cela, il faut des standards plus élevés.

À gauche : végétalisation du centre commercial One Nation Paris / à droite : le bureau fertile

À gauche : centre commercial One Nation Paris / à droite : le bureau fertile

Les espaces végétalisés sont, par nature, vivants et évolutifs. Comment faire pour les inscrire dans une démarche de durabilité, pour des effets bénéfiques sur le long terme ?

La dimension temporelle est importante dans l’activité d’entretien qui incombe au jardinier puisque c’est quand il plante que tout commence. On a certes besoin d’utopie, mais on doit également étudier l’aspect technique des projets, c’est-à-dire comment le jardinier va concrètement gérer l’espace dans la durée. De toute évidence, cela ouvre les portes à de nouveaux métiers : on se demande s’il faut des architectes spécialistes du végétal ou des paysagistes architectes. Quoi qu’il en soit, paysagistes et architectes travaillent en collaboration dans un esprit de pluridisciplinarité. Le paysagiste doit apporter un compromis fidèle au projet de l’architecte en tenant compte des contraintes techniques.

Lire l’article sur le site de L’Observatoire du design urbain

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