Mathilde Lefrançois, la jeune pousse

Tombée très jeune dans la marmite de l’entrepreneuriat, Mathilde Lefrançois, 29 ans, a déjà cofondé deux entreprises. Depuis 4 ans et demi, cet esprit libre toujours de bonne humeur continue de faire croître avec patience sa marketplace Farmitoo au service des agriculteurs, en veillant au bien-être de ses équipes. 

En évoquant sa fibre entrepreneuriale, Mathilde Lefrançois s’anime : « J’adore créer, conceptualiser, rêver aussi – à la solution et à l’entreprise parfaite. Je suis hyper motivée quand je lance un nouveau projet », raconte cette entrepreneure née, amatrice « des débuts ». Au fil de l’échange, elle laisse peu à peu découvrir son insatiable curiosité, ainsi que sa soif d’apprendre et de rencontrer de nouvelles personnes.

Etre libre et s’épanouir autrement

Entreprendre – Mathilde y prend goût en observant son père, entrepreneur en travaux publics qui a repris la direction d’une imprimerie. « Tu crées ton projet, tu es libre », pense-t-elle « naïvement » dans ses plus jeunes années. Aujourd’hui, elle en rit : « On dépend de nos clients, de nos fournisseurs, de notre équipe, de nos investisseurs… On n’est jamais vraiment libre ! J’ai mis du temps à le comprendre parce que j’adore faire ce que je veux et je n’aime pas qu’on m’impose des choix. » Si, à l’époque, Mathilde ne veut surtout pas « passer toute [s]a carrière dans une seule boîte » à l’image de sa mère, « aujourd’hui, c’est en train de changer ».

« Je me verrais bien passer toute ma carrière chez Farmitoo »

Son diplôme d’école de commerce en poche (Master entrepreneuriat à l’ESSCA), s’imaginant tour à tour designer d’intérieur puis commissaire-priseur, elle fait un passage furtif dans le monde de l’art, au sein d’une prestigieuse maison de vente aux enchères à Londres. « Pour moi, l’art c’était la culture ; c’était magnifique. » Mais déçue par un milieu d’investisseurs plus que de passionnés d’art, elle s’en éloigne pour chercher un terreau plus en accord avec ses valeurs – confiance, intégrité, respect. 

D’un projet étudiant, elle monte sa première marketplace dédiée à la location de matériel de voyage. Sans business model solide ni market fit, le projet fait chou blanc. Elle reconnaît néanmoins avoir beaucoup appris de cette expérience. Impatiente, elle apprend à coder en 9 semaines au Wagon pour lancer la première version du site. Elle découvre le CtoC (qu’elle juge a posteriori moins facile que le BtoB ou le BtoC), « [se] retrouve dans cette jungle à essayer de trouver des clients et des fonds ». Seule sur ce projet pendant 1 an et demi, en parallèle de ses études, alors qu’elle préfère le travail en équipe…

« Je me verrais bien passer toute ma carrière chez Farmitoo »

Son diplôme d’école de commerce en poche (Master entrepreneuriat à l’ESSCA), s’imaginant tour à tour designer d’intérieur puis commissaire-priseur, elle fait un passage furtif dans le monde de l’art, au sein d’une prestigieuse maison de vente aux enchères à Londres. « Pour moi, l’art c’était la culture ; c’était magnifique. » Mais déçue par un milieu d’investisseurs plus que de passionnés d’art, elle s’en éloigne pour chercher un terreau plus en accord avec ses valeurs – confiance, intégrité, respect. 

D’un projet étudiant, elle monte sa première marketplace dédiée à la location de matériel de voyage. Sans business model solide ni market fit, le projet fait chou blanc. Elle reconnaît néanmoins avoir beaucoup appris de cette expérience. Impatiente, elle apprend à coder en 9 semaines au Wagon pour lancer la première version du site. Elle découvre le CtoC (qu’elle juge a posteriori moins facile que le BtoB ou le BtoC), « [se] retrouve dans cette jungle à essayer de trouver des clients et des fonds ». Seule sur ce projet pendant 1 an et demi, en parallèle de ses études, alors qu’elle préfère le travail en équipe…

« Aujourd’hui, je fais ce qui m’anime. L’entrepreneuriat est une part importante de ma vie »

Mathilde prend à cœur sa mission au service de la société, en contact direct et permanent avec « des gens francs, sincères, honnêtes ». « Les agriculteurs sont les personnes qui nous nourrissent. Leur métier, c’est leur passion et toute leur vie. Ce sont eux qui définissent la road map de l’entreprise », souligne-t-elle. Pour se faire une place dans le secteur agricole, il a fallu se former sur le tas, ainsi que l’aide précieuse de Denis pour renforcer la confiance en soi. « Même si on est considérés comme des NIMA (Non issus du milieu agricole), on est à l’écoute des agriculteurs, on comprend leurs problématiques et on cherche à leur proposer le meilleur service possible. Aujourd’hui, c’est pour moi un challenge et une force qui me motivent au quotidien », note l’entrepreneure.

Cultiver l’optimisme

En 2021, Mathilde reçoit le prix de la meilleure jeune dirigeante de la tech par le Club Ivy, composé d’entrepreneurs et de dirigeants de la tech en France. « Une marque de reconnaissance d’un travail d’équipe et un ego boost mais après il faut continuer ». Au début de l’aventure Farmitoo, certains sceptiques auraient pu la décourager : « Tu es jeune, tu es une femme et en plus, tu ne viens pas du secteur agricole… Bonne chance ! », lui lance-t-on alors. Mais rien n’arrête cette fonceuse qui cultive un optimisme à toute épreuve : « Dans chaque décision et chaque avancée, j’y vais si j’y crois ; je peux tout défoncer ». Les efforts payent. À l’été 2021, elle se prête à l’« exercice compliqué mais passionnant » de la levée de fonds pour montrer que son entreprise est significative dans l’AgTech, suivie par de nombreux recrutements dès septembre pour tripler puis quadrupler l’équipe en 6 mois. 

La confiance, l’ouverture d’esprit, la tolérance et la curiosité sont les pierres angulaires de la culture de son entreprise, présente dans 7 pays. « On a une super équipe de 80 personnes, avec 13 nationalités différentes. Beaucoup de diversité, d’origines et de cultures différentes donc. On est une vraie auberge espagnole ! », se réjouit Mathilde, très attentive aux valeurs des personnes qu’elle recrute. « Je n’étais pas habituée à travailler avec des Allemands, des Italiens, des Espagnols, des Néerlandais… On accepte que chaque personne est différente, notamment dans son mode de fonctionnement, et que malgré tout, on se rejoint sur nos valeurs. L’équipe apporte énormément et chacun fait un travail incroyable ! », s’exclame-t-elle.

« Il faut être reposé physiquement et psychologiquement pour prendre de bonnes décisions »

« On sait tous que c’est l’équipe qui va faire réussir Farmitoo. C’est impressionnant de voir à quel point les gens sont impliqués, ressentent un sentiment d’appartenance et s’entendent bien. Ça créé des amitiés », s’émeut Mathilde, qui veille à garder un bon équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. Pour se ressourcer, elle aime passer du temps avec son copain, sa famille ou ses amis, mais aussi faire du sport et du théâtre. Comme la nature, l’entrepreneuriat lui a enseigné la patience : « Monter et diriger une boîte est un engagement très fort, mais c’est surtout un marathon qui prend du temps et de l’énergie. On veille donc à prendre soin les uns des autres. »

Nourrir le projet

« Maintenant, il faut nourrir le projet, le structurer et le stabiliser. » Passé la peur de cette phase de développement et de structuration, Mathilde découvre le plaisir de cette étape « très différente et passionnante » : « Ce que je fais évolue énormément. Tous les 6 mois, je change de rôle, on lance de nouveaux projets. » L’entrepreneure souhaite continuer à déployer Farmitoo pour avoir plus d’impact dans le quotidien des agriculteurs. Son ambition d’ici 2025 ? Réussir le pari de la ferme du futur, équipée de drones et des capteurs. « On s’insère dans un projet de transition agricole pour fournir aux agriculteurs leur matériel, leur faire découvrir les nouvelles technologies et les accompagner pour produire mieux. »

« On ne peut pas avoir le contrôle de tout »

Aujourd’hui, des managers et head of aux compétences très spécifiques les accompagnent dans la stratégie. « C’est passionnant de faire venir de nouvelles compétences et expertises au sein de l’entreprise », commente la co-fondatrice. C’est le moment pour Mathilde et son co-CEO de « donner les clés à leurs équipes » et les responsabiliser. « On est là pour insuffler et partager une vision de la boîte, donner le cap en rappelant les objectifs. Mon rôle est aussi d’accompagner, de challenger les managers et de faire perdurer la culture d’entreprise en la transmettant à chacun. » Dans un écosystème qu’elle a créé autour d’une mission et de valeurs communes, Mathilde veut pérenniser l’aventure Farmitoo.

> Article publié sur Instinct Collectif

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