Valéry Lévy-Soussan, PDG d’Audiolib : « Le livre audio numérique est en plein essor » 

Les livres audios numériques ont conquis en un an 800 000 nouveaux adeptes. Valérie Lévy-Soussan, PDG d’Audiolib et présidente de la commission « livre audio » du Syndicat national de l’édition (SNE), décrypte cette tendance forte et partage sa vision de l’avenir du secteur. 

Selon la 12ᵉ enquête sur les usages du livre publiée en avril 2022 par la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia), le Syndicat national de l’édition (SNE) et la Société des gens de lettres (SGDL), la France compte 9,9 millions d’adeptes de livres audio (7,9 millions en physique et 6,6 en numérique) soit un Français sur cinq. Aussi, 15% des Français de 15 ans et plus ont déjà écouté un livre audio physique et 12 % un livre audio numérique. 

Big Média : Comment expliquez-vous l’essor du livre audio ?

Valérie Lévy-Soussan : Depuis 15 ans, le marché du livre audio s’est singulièrement transformé. Si le livre audio jeunesse a toujours existé, il est un peu moins présent sur le volet numérique au profit de boîtiers audio connectés. Côté adulte, ce qui a vraiment changé depuis 4 ans est le grand essor du livre audio numérique. Avec le développement des smartphones, des plateformes et de l’usage d’écoute grâce aux podcasts, le livre audio est devenu plus facilement accessible. Les ventes ont augmenté, ce qui a incité des éditeurs à entrer sur ce marché ou à développer leur catalogue. Il s’est encore développé à la faveur des confinements. Un des principaux atouts du livre audio est qu’il facilite l’accès au livre et procure du plaisir, comme lorsqu’on écoute une belle pièce musicale, un feuilleton radiophonique ou un podcast. Il permet à des personnes qui n’avait pas ou plus l’habitude de lire d’accéder à des offres sans cette barrière d’effort de lecture. 

BM : Quel est le profil-type de l’auditeur de livre et quels sont les usages ?

VLS : Le profil de lecteurs change et se développe. Les usages s’intensifient et les usagers rajeunissent.Concernant le livre audio numérique, alors que le public des débuts était plutôt une auditrice de 46 ans en moyenne, 55% des auditeurs sont désormais des hommes, ont 39 ans ½ en moyenne, soit près de 10 ans de moins que l’âge moyen des lecteurs de livres imprimés. Ils sont très fortement équipés et férus d’activités numériques. Les livres audio sont principalement écoutés sur un smartphone et à domicile, soit en complément d’une autre activité, notamment manuelle, soit pour prendre un moment pour soi. 

BM : Quelle est la place du livre audio numérique dans l’offre sonore actuelle ? 

VLS : Globalement, nous sommes portés par cette offre sonore de plus en plus large et je pense que le livre audio y a toute sa place. On me demande souvent si les livres audio sont en concurrence avec les podcasts. Je pense que ce sont des contenus très différents. Un medium n’en a jamais supplanté un autre ; chacun correspond à des usages différents à divers moments de la journée. 

BM : À quels défis le secteur doit-il faire face ?

VLS : Le secteur du livre audio est encore assez méconnu ; il y a donc un enjeu de notoriété d’usage. Le livre audio doit aussi combattre un certain nombre de préjugés pour gagner ses lettres de noblesse et s’affirmer comme un livre à part entière. Mais le défi principal est de développer les catalogues pour mieux refléter l’offre que l’on trouve en librairie et les diffuser sur toutes les plateformes afin de rencontrer le plus large public. Nous sommes également très attachés à maintenir une qualité professionnelle d’enregistrement et de son, ce qui nous différencie beaucoup des plateformes gratuites. Le travail des studios et des comédiens est essentiel pour susciter de l’émotion de l’auditeur ou lui permettre d’apprendre. Cela déterminera si l’auditeur renouvellera l’expérience. C’est un travail très particulier et ce savoir-faire se répand de plus en plus. 

C’est un marché en mouvement, avec l’arrivée en France des plateformes de streaming de livres. Dans les années à venir, il va y avoir de plus en plus de façons d’accéder au livre audio. Aux Etats-Unis, émergent aussi les voix de synthèse développées par l’intelligence artificielle. Ce sont d’autres développements auxquels nous pourrons avoir à affronter. Chez Audiolib, nous allons continuer à tester de nouveaux segments et des centres d’intérêt différents, en phase avec la demande, afin de rester le premier éditeur de livres audio en France – hors jeunesse.

La marque Aigle revient en France et réduit son empreinte carbone

À l’aube de ses 170 ans, la marque Aigle prouve qu’elle sait se réinventer. Fin 2020, la société devient l’une des 88 entreprises ayant fait le choix de la relocalisation, afin de s’engager pour une mode plus durable.

« Permettre à chacun de vivre pleinement des expériences sans laisser d’autres empreintes que celles de ses pas », c’est le défi que s’est lancée Sandrine Conseiller, à la tête de l’entreprise Aigle depuis juin 2019. En se plongeant dans 170 ans d’histoire, la cheffe d’entreprise s’est promis de « réveiller une marque endormie ». Au fil des mois et années passés dans l’entreprise, la dirigeante constate qu’Aigle a toujours su traverser les époques en conservant son ADN : des vêtements conçus pour l’extérieur, dans une démarche durable. Pour s’inscrire dans cette lignée, Sandrine Conseiller se fixe pour objectif de « potentialiser la force de la marque, mettre en lumière des valeurs existantes et renforcer ses engagements natifs », explique-t-elle. 

Les produits, les clients et la planète : c’est à travers ces trois piliers que l’entreprise compte apporter sa pierre à l’édifice avec comme principal moteur la réduction de son empreinte carbone et sa reconnaissance comme société durable. Une volonté qui s’ajoute à des engagements déjà très encrés dans l’ADN de l’entreprise puisqu’elle soutient depuis 2017 la Ligue pour la protection des Oiseaux (LPO) dans sa protection d’espèces menacées. 

Pour Sandrine Conseiller, « devenir une entreprise à mission était d’abord une garantie interne que les engagements pris s’ancrent dans la durée, mais aussi un engagement très fort pour l’externe. On a besoin que la société civile s’engage ! », s’exclame-t-elle. En effet, l’entreprise vise aujourd’hui une baisse de 46 % de ses gaz à effet de serre d’ici 2030 et espère arriver à 50 % d’énergie renouvelable d’ici 2025. 

« Relocaliser n’est ni facile ni évident économiquement » 

Passer de 10 % à 70 % de produits recyclés sur la collection automne-hiver 2022 était un des objectifs de la marque. Aujourd’hui de nombreux produits, comme les parkas, sont conçus en plastique recyclé. Ce travail est le fruit d’une recherche importante sur la technicité afin de coller aux piliers que la marque s’est imposée. Dans cette même idée l’entreprise a ouvert en 2020 Second Souffle, une usine consacrée à la seconde et dans laquelle les clients peuvent s’informer sur la traçabilité de chaque produit grâce à un QR code dédié. « Un projet très complexe pour une ETI », confie la dirigeante.   

Afin d’avoir une trajectoire bas carbone, la marque française fait le choix de relocaliser une partie de sa production de bottes. « Relocaliser n’est ni facile ni évident économiquement », ajoute Sandrine Conseiller. Une stratégie qui a pourtant porté ses fruits puisqu’elle a permis à la marque de valoriser son savoir-faire made in France. « D »ici 2025, on espère donc doubler nos ventes de bottes en caoutchouc !», conclut la cheffe d’entreprise. 

> Article réalisé pour Big Média

Félix de Monts, artiste militant

« Quelques traits d’esprit, un peu de philosophie et une invitation, pour les gens qui nous liront, à se questionner sur le sens de leur vie et l’œuvre qu’ils en font ». Ainsi Félix de Monts, « l’initiateur » de Vendredi, résume-t-il notre échange à bâtons rompus. Rencontre avec un esprit libre et créatif, visionnaire et militant.

Derrière sa startup sociale qui « permet à chacune et chacun de changer le monde sans changer de travail », créée il y a plus de 7 ans, se cache un entrepreneur au profil atypique : Félix de Monts est un artiste dans l’âme, mu par le désir d’innover et de faire bouger les lignes. « Je ne réduirais pas la notion d’entreprendre au fait de monter et de diriger une entreprise. On peut entreprendre de plein de façons dans sa vie : organiser un week-end surprise pour des proches, ou bien un acte de création littéraire, artistique… Ce que je trouve intéressant derrière la création d’une entreprise, c’est l’acte de création lui-même », déclare-t-il. 

Un homme engagé

Né au Cameroun, le jeune Félix découvre la vie en communauté au cours d’« expériences de vie significatives » comme le scoutisme et la pension. Il est très tôt sidéré par les dysfonctionnements sociétaux ou sociaux : travail abrutissant, porteur de souffrance et dénué de sens, modèle éducatif stéréotypé, communication violente… Il aiguise sa conscience politique sur les bancs de Sciences Po, navigue entre public et privé comme analyste à l’ambassade de France aux Etats-Unis, puis consultant chez Accenture. « La politique est partout, hyper importante, les gens ont tendance à vraiment oublier », affirme-t-il. « Comment on fait pour changer les choses : c’est ce que je trouve intéressant. Les sujets sont parfois politiques, parfois – de plus en plus – entrepreneuriaux », ajoute Félix, qui revendique son « côté naturellement actif ». 

La vision de Vendredi, plateforme d’engagement citoyen qui simplifie la gestion de toutes les actions solidaires d’une entreprise, émerge lors d’un stage au Cameroun dans une association fondée par une amie de ses parents qu’il appréciait beaucoup ; son décès en marque la genèse. « Il y a plein de choses dans la vie qui nous donnent des idées, et par moment on décide d’agir. Cette contrainte n’est pas uniquement de notre ressort personnel. Il y a aussi des événements de vie qui font qu’on se retrouve à entreprendre », analyse-t-il.

Décloisonner 

Félix « ne se voyait pas du tout aller dans le secteur privé classique, ni dans le secteur public ». Chemin faisant, il est interpelé par l’absurdité d’un monde schizophrène entre les entreprises d’un côté et l’intérêt général et le bien commun (État, collectivités, associations) de l’autre. « On a mis un mur entre le salarié et le citoyen. J’ai toujours porté cette conviction qu’on peut faire tomber ce mur et construire des ponts pour relier les deux mondes », affirme-t-il.

Né en lien étroit avec cette vision, le projet basé sur un modèle hybride a pris diverses formes : d’abord une association étudiante, puis une entreprise qui réunit aujourd’hui 220 entreprises, plus de 1 800 associations et 40 000 utilisateurs. « Je n’ai pas fait ça pour m’enrichir personnellement. Dans le monde idéal, notre projet serait resté une asso. Mais la vie, ce n’est pas le monde idéal », note Félix, pragmatique. Après avoir proposé aux salariés des missions d’associations et développé une logique de sensibilisation aux sujets climatiques, sociaux (égalité femme-homme) et de handicap, Vendredi aide désormais les entreprises à être exemplaires en interne pour qu’elles deviennent une partie de la solution. 

Le rôle de Félix ? « Donner envie aux gens de partager, d’incarner la vision et de la transmettre ». D’un point de vue plus pratique, parler à des investisseurs ou à des candidats, trouver de l’argent, des financements, coordonner les sujets marketing, vente, ressources humaines, coacher ses dirigeants d’équipe… « Ce qui est intéressant en tant qu’entrepreneur, c’est qu’on change de rôle tous les jours. On alterne en permanence entre des postures de négociation et de séduction, présentes dans toutes les facettes du métier : penser la stratégie, vendre, gérer des conflits, trancher, arbitrer… Tous les 5-6 mois ou années (en fonction du rythme de développement), on change de fonction ou de métier », explique-t-il. 

« Je trouve ça hyper excitant d’entreprendre »

En contrepoint de sa colère, c’est un garçon très joyeux – son rire est aussi communicatif que son flot rapide et son verbe passionné. « Il y a plein de situations qui m’attristent, que je trouve injustes et anormales, mais j’essaie de ne pas me laisser contaminer par ça et d’exprimer quelque chose de souriant et positif, qui est aussi une facette de ma personnalité. Je pense que c’est mieux pour faire changer les choses. »

Félix est assez fasciné par « notre capacité en tant qu’espèce à considérer des comportements très normaux, et puis ensuite à complètement les remettre en cause ». Par exemple la RSE, qui n’était autrefois « même pas la cinquième roue du carrosse », est aujourd’hui un sujet dont toutes les entreprises se sont emparées. De ce « changement quasiment civilisationnel qui est en train de s’opérer doucement » il a tiré un enseignement : « En tant qu’entrepreneur, il ne faut écouter personne. »

Faire bouger les lignes 

« Ma mission telle que je la définis, c’est que sur des problèmes socio-environnementaux sur lesquels j’ai mes convictions, de faire en sorte que les sujets bougent et que tout le monde bouge – c’est ce qui m’amuse en tous cas », raconte-t-il. Félix critique la société devenue « très business », qui fige beaucoup la réussite autour du « mythe de l’entrepreneuriat ». Aujourd’hui, son projet est très entrepreneurial mais pourrait prendre une autre forme. « Je pense qu’il y a plein de façons de faire bouger les choses sur ces sujets. La philosophie, le théâtre, le cinéma permettent de faire réfléchir les gens et les faire changer de comportement. La question intéressante, c’est comment on influence le récit », soutient-il.

Après avoir beaucoup pris l’avion plus jeune, ce fils d’une ancienne hôtesse de l’air essaye désormais de voyager autrement. Très porté sur la culture, il aime le théâtre, la poésie, le cinéma, la danse et voudrait reprendre les cours de dessin – tout « ce qui [lui] permet de voyager, de rêver… La culture, c’est du voyage à peu d’empreinte carbone », dit-t-il.

« On est dirigeant à sa façon » 

Félix accorde une grande importance à l’authenticité, devenue valeur fondatrice de la culture de Vendredi. « Je ne crois pas à la nécessité de jouer un rôle en tant que dirigeant. La façon de diriger est propre à chacun », affirme-t-il. Celui qui ne se sentait « pas forcément fait pour monter ni diriger une entreprise « parce qu’au départ [il] n’[est] pas très pratique, se pose beaucoup de questions, doute beaucoup » détaille ses « attributs précieux » : pas mal d’énergie, une vision stratégique et beaucoup de passion dans ce qu’il accomplit – enfant, il était très joueur, une qualité qu’il estime nécessaire dans la vie. « On a encore combien de temps ? Moi je sais que ça peut durer 2 jours ½ parce que je suis un peu bavard », glousse-t-il.

Avec la maturité, il a fait de Vendredi son « terrain de jeu », renonçant à « être tout-puissant, avoir le contrôle et pouvoir vraiment changer les choses », et non plus « un point clé pour [s]on bonheur personnel ». « On doit toujours switcher entre être très investi, dans le moment, et prendre une très grande distance » avec des sujets qui peuvent être très « contaminants » à titre personnel, tels que l’environnement, précise Félix, qui a même « souvent très envie de baisser les bras ». « C’est génial ce qu’on fait chez Vendredi ! J’y mets de l’énergie, j’y crois et en même temps, est-ce si important pour mon bien-être, ma joie personnelle ? Est-ce là le plus important ? Pas forcément… On est un pansement, un maillon d’une grande chaîne. On ne sauve pas des vies », relativise-t-il.

L’énergie de l’amour

Félix de Monts ne se définit pas seulement par son travail, « et pourtant [il est] entrepreneur » comme il le souligne. Après avoir « beaucoup beaucoup beaucoup bossé pendant longtemps » et en avoir payé le prix en privé, il veille aujourd’hui à préserver son espace personnel. « Très vite, tout le monde se retrouve à parler de son boulot, alors que c’est hyper intéressant de parler d’autre chose », revendique-t-il. Pour lui, « le plus important dans la vie c’est l’amour ». Il répète à l’envi aux personnes qui travaillent à ses côtés qu’« il y a 2 énergies dans la vie : soit on embrasse la peur, soit on embrasse l’amour. Si on est dans l’énergie de la peur, on ne pourra jamais rien construire. » En point d’orgue, il cite Thierry Marx : « N’oubliez pas que l’entreprise la plus importante de votre vie, c’est votre vie. » « Allez, trop de punchlines ! », s’exclame Félix, en filant à son rendez-vous suivant.

> Portrait réalisé pour Instinct Collectif

Promouvoir la diversité dans les grandes écoles : le combat de Daniella Tchana

Docteure en mécanique et nanotechnologie, Daniella Tchana s’est engagée très tôt pour l’égalité des chances. La fondatrice de la première prépa scientifique à distance participe activement à l’empowerment des femmes issues de la diversité. 

« 80% des jeunes en grandes écoles d’ingénieurs sont issus de prépa parisiennes », avance Daniella Tchana pour qui le manque de diversité dans ces établissements s’explique par la contrainte géographique et financière. « En réponse, j’ai voulu redistribuer les cartes afin d’aider les étudiants qui le souhaitent, à intégrer de grandes écoles », déclare la docteure. Cherchant à pallier l’inégalité d’accès à ces formations sélectives, elle fonde sa startup BeSMART-edu en 2017. L’ambition : devenir le premier lycée français entièrement à distance, couplé à une école d’ingénieurs, et « le Stanford français »

Un parcours sans modèle de réussite féminin dans les sciences  

Ce n’était pas prédestiné. Daniella Tchana a grandi sans modèle féminin ayant endossé une carrière scientifique. Malgré le manque d’encouragement – « c’est un cursus difficile, tu ne vas pas t’en sortir », lui dit-on, elle s’oriente tout de même vers un cursus scientifique. Avec deux ans d’avance, elle mène en parallèle des études en physique-chimie et en cybersécurité avant de décrocher une bourse d’excellence pour étudier en France. Elle obtient un double master en école d’ingénieur puis son doctorat.  

Continuant sur sa lancée, l’entrepreneure d’origine camerounaise intègre une école de commerce où elle bénéficie d’un large réseau et d’un programme de mentoring. « J’ai été accompagnée par une tutrice en or qui m’a aidée à comprendre le fonctionnement du monde de l’entreprise et à adopter les codes de ce milieu ». En même temps, elle rejoint le programme Leadership de l’association Diversidays, dédiée à l’inclusion numérique. Débarrassée du syndrome de l’imposteur, elle prend confiance en elle. 

Œuvrer pour que les jeunes femmes osent  

« Je me suis rendu compte que des profils comme le mien sont rares. » Une raison suffisante pour pousser Daniella Tchana à s’engager « pour que des jeunes filles issues des minorités puissent se dire : « Si elle a pu le faire, moi aussi je vais y arriver » ». Confiante en sa capacité de pouvoir impacter la jeune génération, elle œuvre pour que les jeunes filles osent. « Pourquoi, quand on est une femme de couleur, on nous met une étiquette qui ne nous ressemble pas ? J’ai compris qu’il fallait que je fasse quelque chose ». 

En plus de sa startup BeSMART-edu, Daniella Tchana est aussi la fondatrice de STEM4ALL, une association qui intervient dans les établissements des quartiers prioritaires de la ville pour « montrer que c’est possible de se hisser au sommet ». Un engagement qui vaut à l’entrepreneure d’origine camerounaise de figurer parmi les premières femmes noires du classement Choiseul, qui met en lumière les jeunes dirigeants les plus prometteurs.   

> Article réalisé pour Big Média (Bpifrance)

Mathilde Lefrançois, la jeune pousse

Tombée très jeune dans la marmite de l’entrepreneuriat, Mathilde Lefrançois, 29 ans, a déjà cofondé deux entreprises. Depuis 4 ans et demi, cet esprit libre toujours de bonne humeur continue de faire croître avec patience sa marketplace Farmitoo au service des agriculteurs, en veillant au bien-être de ses équipes. 

En évoquant sa fibre entrepreneuriale, Mathilde Lefrançois s’anime : « J’adore créer, conceptualiser, rêver aussi – à la solution et à l’entreprise parfaite. Je suis hyper motivée quand je lance un nouveau projet », raconte cette entrepreneure née, amatrice « des débuts ». Au fil de l’échange, elle laisse peu à peu découvrir son insatiable curiosité, ainsi que sa soif d’apprendre et de rencontrer de nouvelles personnes.

Etre libre et s’épanouir autrement

Entreprendre – Mathilde y prend goût en observant son père, entrepreneur en travaux publics qui a repris la direction d’une imprimerie. « Tu crées ton projet, tu es libre », pense-t-elle « naïvement » dans ses plus jeunes années. Aujourd’hui, elle en rit : « On dépend de nos clients, de nos fournisseurs, de notre équipe, de nos investisseurs… On n’est jamais vraiment libre ! J’ai mis du temps à le comprendre parce que j’adore faire ce que je veux et je n’aime pas qu’on m’impose des choix. » Si, à l’époque, Mathilde ne veut surtout pas « passer toute [s]a carrière dans une seule boîte » à l’image de sa mère, « aujourd’hui, c’est en train de changer ».

« Je me verrais bien passer toute ma carrière chez Farmitoo »

Son diplôme d’école de commerce en poche (Master entrepreneuriat à l’ESSCA), s’imaginant tour à tour designer d’intérieur puis commissaire-priseur, elle fait un passage furtif dans le monde de l’art, au sein d’une prestigieuse maison de vente aux enchères à Londres. « Pour moi, l’art c’était la culture ; c’était magnifique. » Mais déçue par un milieu d’investisseurs plus que de passionnés d’art, elle s’en éloigne pour chercher un terreau plus en accord avec ses valeurs – confiance, intégrité, respect. 

D’un projet étudiant, elle monte sa première marketplace dédiée à la location de matériel de voyage. Sans business model solide ni market fit, le projet fait chou blanc. Elle reconnaît néanmoins avoir beaucoup appris de cette expérience. Impatiente, elle apprend à coder en 9 semaines au Wagon pour lancer la première version du site. Elle découvre le CtoC (qu’elle juge a posteriori moins facile que le BtoB ou le BtoC), « [se] retrouve dans cette jungle à essayer de trouver des clients et des fonds ». Seule sur ce projet pendant 1 an et demi, en parallèle de ses études, alors qu’elle préfère le travail en équipe…

« Je me verrais bien passer toute ma carrière chez Farmitoo »

Son diplôme d’école de commerce en poche (Master entrepreneuriat à l’ESSCA), s’imaginant tour à tour designer d’intérieur puis commissaire-priseur, elle fait un passage furtif dans le monde de l’art, au sein d’une prestigieuse maison de vente aux enchères à Londres. « Pour moi, l’art c’était la culture ; c’était magnifique. » Mais déçue par un milieu d’investisseurs plus que de passionnés d’art, elle s’en éloigne pour chercher un terreau plus en accord avec ses valeurs – confiance, intégrité, respect. 

D’un projet étudiant, elle monte sa première marketplace dédiée à la location de matériel de voyage. Sans business model solide ni market fit, le projet fait chou blanc. Elle reconnaît néanmoins avoir beaucoup appris de cette expérience. Impatiente, elle apprend à coder en 9 semaines au Wagon pour lancer la première version du site. Elle découvre le CtoC (qu’elle juge a posteriori moins facile que le BtoB ou le BtoC), « [se] retrouve dans cette jungle à essayer de trouver des clients et des fonds ». Seule sur ce projet pendant 1 an et demi, en parallèle de ses études, alors qu’elle préfère le travail en équipe…

« Aujourd’hui, je fais ce qui m’anime. L’entrepreneuriat est une part importante de ma vie »

Mathilde prend à cœur sa mission au service de la société, en contact direct et permanent avec « des gens francs, sincères, honnêtes ». « Les agriculteurs sont les personnes qui nous nourrissent. Leur métier, c’est leur passion et toute leur vie. Ce sont eux qui définissent la road map de l’entreprise », souligne-t-elle. Pour se faire une place dans le secteur agricole, il a fallu se former sur le tas, ainsi que l’aide précieuse de Denis pour renforcer la confiance en soi. « Même si on est considérés comme des NIMA (Non issus du milieu agricole), on est à l’écoute des agriculteurs, on comprend leurs problématiques et on cherche à leur proposer le meilleur service possible. Aujourd’hui, c’est pour moi un challenge et une force qui me motivent au quotidien », note l’entrepreneure.

Cultiver l’optimisme

En 2021, Mathilde reçoit le prix de la meilleure jeune dirigeante de la tech par le Club Ivy, composé d’entrepreneurs et de dirigeants de la tech en France. « Une marque de reconnaissance d’un travail d’équipe et un ego boost mais après il faut continuer ». Au début de l’aventure Farmitoo, certains sceptiques auraient pu la décourager : « Tu es jeune, tu es une femme et en plus, tu ne viens pas du secteur agricole… Bonne chance ! », lui lance-t-on alors. Mais rien n’arrête cette fonceuse qui cultive un optimisme à toute épreuve : « Dans chaque décision et chaque avancée, j’y vais si j’y crois ; je peux tout défoncer ». Les efforts payent. À l’été 2021, elle se prête à l’« exercice compliqué mais passionnant » de la levée de fonds pour montrer que son entreprise est significative dans l’AgTech, suivie par de nombreux recrutements dès septembre pour tripler puis quadrupler l’équipe en 6 mois. 

La confiance, l’ouverture d’esprit, la tolérance et la curiosité sont les pierres angulaires de la culture de son entreprise, présente dans 7 pays. « On a une super équipe de 80 personnes, avec 13 nationalités différentes. Beaucoup de diversité, d’origines et de cultures différentes donc. On est une vraie auberge espagnole ! », se réjouit Mathilde, très attentive aux valeurs des personnes qu’elle recrute. « Je n’étais pas habituée à travailler avec des Allemands, des Italiens, des Espagnols, des Néerlandais… On accepte que chaque personne est différente, notamment dans son mode de fonctionnement, et que malgré tout, on se rejoint sur nos valeurs. L’équipe apporte énormément et chacun fait un travail incroyable ! », s’exclame-t-elle.

« Il faut être reposé physiquement et psychologiquement pour prendre de bonnes décisions »

« On sait tous que c’est l’équipe qui va faire réussir Farmitoo. C’est impressionnant de voir à quel point les gens sont impliqués, ressentent un sentiment d’appartenance et s’entendent bien. Ça créé des amitiés », s’émeut Mathilde, qui veille à garder un bon équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. Pour se ressourcer, elle aime passer du temps avec son copain, sa famille ou ses amis, mais aussi faire du sport et du théâtre. Comme la nature, l’entrepreneuriat lui a enseigné la patience : « Monter et diriger une boîte est un engagement très fort, mais c’est surtout un marathon qui prend du temps et de l’énergie. On veille donc à prendre soin les uns des autres. »

Nourrir le projet

« Maintenant, il faut nourrir le projet, le structurer et le stabiliser. » Passé la peur de cette phase de développement et de structuration, Mathilde découvre le plaisir de cette étape « très différente et passionnante » : « Ce que je fais évolue énormément. Tous les 6 mois, je change de rôle, on lance de nouveaux projets. » L’entrepreneure souhaite continuer à déployer Farmitoo pour avoir plus d’impact dans le quotidien des agriculteurs. Son ambition d’ici 2025 ? Réussir le pari de la ferme du futur, équipée de drones et des capteurs. « On s’insère dans un projet de transition agricole pour fournir aux agriculteurs leur matériel, leur faire découvrir les nouvelles technologies et les accompagner pour produire mieux. »

« On ne peut pas avoir le contrôle de tout »

Aujourd’hui, des managers et head of aux compétences très spécifiques les accompagnent dans la stratégie. « C’est passionnant de faire venir de nouvelles compétences et expertises au sein de l’entreprise », commente la co-fondatrice. C’est le moment pour Mathilde et son co-CEO de « donner les clés à leurs équipes » et les responsabiliser. « On est là pour insuffler et partager une vision de la boîte, donner le cap en rappelant les objectifs. Mon rôle est aussi d’accompagner, de challenger les managers et de faire perdurer la culture d’entreprise en la transmettant à chacun. » Dans un écosystème qu’elle a créé autour d’une mission et de valeurs communes, Mathilde veut pérenniser l’aventure Farmitoo.

> Article publié sur Instinct Collectif

Les tiers-lieux, laboratoires du monde de demain 

Phénomène de société qui à floris dans les villes depuis ces dix dernières années, les tiers-lieux connaissent une progression exponentielle dans toute la France. Créateurs de valeurs humaines, économiques et de synergies, ces nouveaux espaces hybrides, entre lieux de travail et espaces de vie, rassemblent de nouvelles communautés pour inventer le monde de demain. 

« L’émergence des tiers-lieux contribue à la réhorizontalisation des organisations et de la société à tous les niveaux. Ce mouvement incite à remettre l’échange, le partage et l’ouverture au cœur des organisations », souligne Ruben Grave, expert et fondateur de be-tiers-lieux. Cette plateforme en ligne vise à soutenir et pérenniser ces structures via une conception et un modèle économique solides, une bonne intégration territoriale, un développement en ruralité, la création d’emplois et des partenariats long terme avec le marché de l’immobilier. 
En proposant une approche décloisonnée du monde professionnel et en favorisant les interactions entre différents univers, les tiers-lieux. Ils permettent de repenser les méthodes de travail, les modèles économiques et les expertises (immobilier, bâtiment, architecture, design, management, développement territorial, financement, informatique, communication…). D’abord métropolitains, ce phénomène a rapidement gagné les territoires ruraux, les petites et moyennes villes et quartiers de banlieue si bien qu’en 2018 la France comptait plus de 1800 tiers-lieux dont 800 hors métropole.

Remix Coworking tente l’aventure de la différence

« Créer des ponts entre des univers qui n’étaient pas destinés à se rencontrer ». Telle est l’ambition de Remix Coworking. Cofondé par Hanane Chapelle El Jamali et Anthony Gutman, cette “chaine” de tiers-lieux implantée dans plusieurs arrondissements parisiens puise ses racines dans le parcours professionnel de ses fondateurs. Respectivement scientifique et financier de formation, Hanane et Anthony ont souhaité faire de leur association un lieu diversifié aux profils variés :  jeunes diplômés, grands-parents, patrons de boîtes du CAC40, startuppeurs, indépendants, artistes et créatifs… « Avant la crise sanitaire, on nous appelait pour louer un bureau, aujourd’hui, c’est surtout pour faire partie d’une communauté et retisser des liens. Ce phénomène a vocation à se répandre dans le monde du travail », indique l’optimiste Anthony Gutman. « Nous veillons à ce que notre action soit lisible afin d’accompagner les personnes dans cette mutation à venir et contribuer au développement de ce modèle à grande échelle », précise le duo. Adepte du « slow business », Remix Coworking vise à « réorganiser le monde du travail », poursuit la co-fondatrice Hanane Chapelle El Jamali. Pour l’expert et fondateur de be-tiers-lieux Ruben Grave, « les tiers-lieux sont des terrains d’expérimentation et des territoires d’innovation, qui participent à la création de valeur non seulement économique mais sociétale. »

Le MoHo, « créateur de coalition »

« On observe une hybridation profonde de la société, qui correspond à un changement de modèle au niveau mondial, au moins pour les 15 prochaines années. Les tiers-lieux recréent ou redynamisent des écosystèmes hybrides qui favorisent la sérendipité* et boostent la collaboration », indique Olivier Cotinat, fondateur du MoHo à Caen. Le « premier collider** d’Europe », vise à créer une mobilisation citoyenne mondiale pour répondre aux grands défis contemporains et co-construire le monde de demain (jeunesse, climat, transformation digitale…), mais aussi créer des vocations, comme le lancement du « D-Day de l’impact positif », en référence au débarquement de 1944 en Normandie. Le MoHo (acronyme de Mosaic House) réunit, de manière pérenne et continue, des publics qui ne se rencontraient pas auparavant – startups, écoliers, étudiants, chercheurs, salariés, entrepreneurs, leaders, ONG et artistes – dans une ancienne succursale de Renault. 1 000m2 sont accessibles gratuitement au grand public, à travers des programmes collectifs à impact (« Deplastify The Planet », avec l’université de UC Berkeley) et des événements. Inspiré de la mythique d.school, l’école de design de Stanford, ce « collider » place la modularité au centre de l’expérience, avec « un parcours utilisateur ultra qualitatif ». 
Salles de créativité, salle de conférence, amphithéâtre, terrain de sport, sauna, restaurants, bibliothèque, studio TV… tout y est pensé pour favoriser l’engagement, l’inclusion, la créativité et la coopération. « Les défis que nous devons relever sont tellement exigeants et complexes que les solutions ne peuvent être que collectives. Une révolution est en train de s’opérer : dans un monde encore trop souvent en silos, des initiatives comme MoHo incarnent le début d’une nouvelle ère de la collaboration », déclare Olivier Cotinat. 

* Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité (scientifique, pratique).
** Un lieu de rencontre entre différentes populations. L’objectif est de les faire travailler ensemble pour créer de nouveaux projets en prenant les opinions et les points de vue de chacun. En mélangeant les populations, on ouvre le champ des possibles.

> Article réalisé pour Big Média

Brexit : comment Wecasa a réussi à s’implanter à Londres

La plateforme de services à domicile Wecasa a amorcé il y a plus d’un an son expansion européenne. En avril 2021, la startup parisienne a ouvert son application à Londres, soutenue par un nouveau tour de table l’été dernier à hauteur de 15 millions d’euros. Retour sur leur implantation au Royaume-Uni post Brexit. 

L’annonce du Brexit a entrainé les dirigeants français à revoir leurs ambitions d’internationalisation, ce n’est pas le cas de Wecasa. Avec 200 000 clients, 7 000 professionnels indépendants et plusieurs milliers de rendez-vous par jour, l’entreprise est un des leaders français des services et du bien-être à domicile. Alors qu’elle s’est récemment implantée à Londres, Wecasa compte déjà̀ 5 000 clients et un réseau de 500 professionnels sur place. À l’étranger, la promesse reste la même : « un rendez-vous dans les deux heures en quelques clics ».

S’internationaliser en pilotant depuis la France

Le Brexit n’a pas eu d’impact sur le développement au Royaume-Uni de la startup, qui offre désormais un service entre des clients et des professionnels britanniques, sans aucun flux transfrontalier de marchandises ni de personnes. « Nous souhaitons développer une clientèle européenne avec notre équipe internationale », déclare Antoine Chatelain, co-fondateur de Wecasa. En effet, l’activité de Wecasa a la particularité de pouvoir être pilotée à distance. Pour comprendre le fonctionnement d’autres marketplaces à l’international, les 5 co-fondateurs ont échangé́ notamment avec Mano Mano et Back Market, qui ont une forte présence à l’étranger avec l’essentiel de leurs équipes en France. « Il y a 10 ans, pour se développer dans un pays, il fallait y ouvrir un bureau avec un manager, ce qui engendrait des coûts importants. Cela a été une grande libération pour moi d’apprendre que beaucoup d’entreprises s’étaient organisées différemment », raconte Antoine Chatelain. Pour conserver une bonne compréhension du marché londonien, la jeune pousse a recruté une équipe britannique dans ses locaux parisiens. Elle consolide également, d’année en année, sa culture d’entreprise internationale. 

« La compréhension du droit des travailleurs sur les plateformes britanniques est le sujet qui nous a le plus mobilisés » 

Pour confirmer le besoin international avant de se lancer, la startup a pris la température du marché en appelant des indépendants locaux. Pour se déployer, elle a mis en place des partenariats et des outils marketing. « Avec le bouche-à-oreille, le cercle vertueux de la marketplace s’est mis en place : plus on a de professionnels sur la plateforme, plus le service est de qualité. Dans ces métiers d’artisanat à domicile comme dans beaucoup de secteurs, les meilleurs deviennent indépendants », indique l’entrepreneur. 
Côté gestion, Wecasa a sollicité́ un cabinet d’avocats anglais spécialisé pour mettre en place le texte juridique sur le statut des indépendants. « La compréhension du droit des travailleurs sur les plateformes britanniques est le sujet qui nous a le plus mobilisés », rapporte Antoine Chatelain. L’entreprise, qui prévoit de doubler de taille cette année, veut à terme ouvrir son application dans toutes les grandes villes du monde. 

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L’Atelier Tuffery : la plus ancienne manufacture française de jeans

Au cœur des Cévennes, l’Atelier Tuffery est une entreprise familiale créée en 1892, à la tête de laquelle 4 générations se sont succédées. Julien Tuffery, l’arrière-petit-fils du fondateur, en reprend les rênes en 2016 avec son épouse Myriam. Une success story made in France, entre héritage d’un savoir-faire traditionnel et modernisation.

L’histoire de l’Atelier Tuffery remonte à la fin du XIXe siècle avant l’invention du prêt-à-porter. En 1892, Célestin Tuffery, maître tailleur confectionneur à Florac et arrière-grand-père de l’actuel dirigeant, travaille la toile de Nîmes, un tissu économique, pratique et facile d’entretien adapté aux besoins des ouvriers des chemins de fer.

Une histoire qui s’écrit sur 4 générations

La seconde génération est réquisitionnée comme tailleurs dans les usines pour confectionner des uniformes. Puis sous l’influence américaine, l’Europe voit débarquer la grande mode du jean, symbole de liberté, d’émancipation et de rébellion. Chaque jour pendant 50 ans, 60 « petites mains » fabriquent des centaines de jeans à l’atelier.

À partir de 1980, le père et les deux oncles de Julien Tuffery reprennent l’entreprise – « ce sont encore les belles années », précise-t-il. Mais en 1985, débute l’ère de l’industrialisation qui ravage la production textile française dont plus de 80 % est délocalisée au Moyen-Orient, au Maghreb et en Asie. Résultat : en l’an 2000, la manufacture ne compte plus que 3 salariés. Des artisans passionnés portés par une éthique et des valeurs qui vont perpétuer le savoir-faire de la maison.

Un nouveau souffle entre artisanat et modernité

Après 30 ans sans investissement, l’Atelier Tuffery était voué à disparaître quand Julien en reprend la gérance avec Myriam, 4e génération à la tête de l’entreprise familiale. Tous deux ingénieurs dans l’industrie, ils ne se destinaient pas à reprendre le flambeau. Mais passionnés par un savoir-faire transmis par le père et les oncles de Julien – qui, dans ses plus jeunes années, « finissait ses devoirs sur la table à coudre et cousait aussitôt ses devoirs terminés » –, ils restructurent et développent la manufacture plus que centenaire comme une startup, un « chantier colossal ». « Nous revalorisons le métier de mon arrière-grand-père avec les techniques modernes de commercialisation, de communication et de digitalisation », explique-t-il.

Depuis 4 ans, l’Atelier Tuffery est florissant et compte désormais 20 employés. « Engagés dans une démarche de croissance à long terme, nous sommes de vrais passionnés de Made in France et défendons l’importance du local et d’une meilleure consommation. Nous voulons avant tout proposer une mode pointue », déclare-t-il. La manufacture, qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires sur le web, se tourne aujourd’hui vers l’avenir : école de formation, extension de l’atelier pour multiplier par quatre sa surface de production, solutions digitales… « Nous sommes des e-commerçants de proximité, très attachés au territoire historique de l’atelier. Nous avons la chance de travailler et de vivre dans un cadre exceptionnel – le Parc National des Cévennes. Internet conjure l’isolement géographique et nous rapporte la valeur intégrale du produit », souligne le dirigeant, fier de son positionnement.

> Article réalisé pour Big Média

Teebike mise sur l’apprentissage pour reconditionner des vélos en fin de vie 

En partenariat avec la fondation Apprentis d’Auteuil, la jeune entreprise niçoise Teebike récupère des vélos destinés à la casse. Elle les fait reconditionner et électrifier par des apprentis en réinsertion afin de les former aux métiers du cycle. 

« Le vélo est inusable », clame Laurent Durrieu, le fondateur de Teebike. Les pneus peuvent être changés, les freins contrôlés, le dérailleur réglé… En 2019, sa startup voit le jour en réaction aux cimetières à vélos qu’il observe en Chine. « C’est le premier pays à avoir lancé des vélos en libre-service. Résultat : 25 millions de bicyclettes en circulation et un modèle économique qui n’a pas marché. Il m’a paru nécessaire de redonner une valeur d’usage à ces vélos  pour pouvoir les revendre », raconte le dirigeant. 

Entre mobilité durable et économie circulaire

« Le projet Teebike a deux dimensions », affirme Laurent Durrieu. La première, c’est la roue Teebike qui permet d’électrifier son vélo au lieu d’en racheter un nouveau – « un produit unique au monde ». La deuxième, c’est la récupération de vélos issus de la décharge et leur réhabilitation dans des ateliers d’insertion gérés par les Apprentis d’Auteuil. « Les petites déchetteries nous en mettent une dizaine de côté chaque semaine. Des enseignes comme Décathlon nous en récupèrent trois ou quatre », indique-t-il. 

Chaque vélo remis à neuf suit un process rigoureux : il est remis en état par deux personnes, testé et contrôlé par une autre et validé par une encadrante technique qui assure le dernier contrôle qualité. Après ce bain de jouvence – électrification en prime –, les cycles sont revendus bien en dessous des prix du marché et garantis 2 ans.

Un impact local, social et environnemental 

La récupération et le reconditionnement des vélos se fait localement, en partenariat avec des ressourceries ou les ateliers Emmaüs. Teebike a déjà ouvert deux ateliers, dont un à Montauban composé de 20 salariés en insertion, deux encadrants et un coordinateur. L’entreprise envisage d’ouvrir une dizaine d’ateliers de ce type d’ici fin 2023. Son objectif, à terme : en créer une vingtaine afin de couvrir l’ensemble du territoire. « Dans le cadre de ce programme en partenariat avec la fondation, nous localisons les futures implantations en fonction de leur capacité de recrutement autour d’un projet vélos. Nous échangeons avec les déchetteries, ainsi qu’avec Décathlon, sur la possibilité de récupérer d’anciens vélos, et définissons un objectif géographique », explique le fondateur.

> Article réalisé pour Big Média

Sonia Josse : « Talâme est un projet de transmission »

Entrepreneure dans l’âme, Sonia Josse a fondé Aynos, initialement une marque de chaussures grandes pointures femmes, devenue ensuite un atelier de stylisme et design de chaussures, puis Talâme, une agence 100% digitale d’accompagnement à la création d’entreprise et au développement des TPE. Humaine, positive et bienveillante, elle revient sur son parcours entrepreneurial atypique et sur la création de ces 2 entreprises. 

Bpifrance : Quels ont été les débuts de votre parcours entrepreneurial ? 

Sonia Josse. J’ai un parcours professionnel atypique. À la sortie de mon école de commerce en 2008 – en pleine crise économique –, je ne trouvais pas de travail. J’ai fait des petits boulots pendant 1 an ½ pour survivre, puis j’ai occupé un poste de chef de projet web pour des banques françaises et européennes, mais cela n’avait pas de sens à mes yeux. Après quelques années d’expérience, je me suis dit que j’étais enfin armée pour entreprendre. En 2015, j’ai eu l’idée de monter une entreprise de chaussures grandes tailles – moi qui chausse du 42-43. Je me suis faite financée par Crédit Agricole d’Île-de-France – pour qui j’ai tourné des spots valorisant leur accompagnement aux jeunes entrepreneurs  – et Initiative Seine Yvelines à hauteur de 130 000 euros sur 3 ans. De là est née Aynos. D’abord orientée vers le-commerce, l’entreprise a changé de business model pour la distribution puis le sur mesure. Depuis 2 ans, c’est un atelier de design qui travaille avec une quinzaine de petites marques qui veulent se lancer.

Parlez-nous de la création de Talâme 

SJ. Talâme, c’est une histoire d’amour, c’est mon bébé. J’adore entreprendre, c’est formidable ! Mais ça n’est pas si simple d’être bien accompagné. Quand on veut créer une entreprise aujourd’hui, les structures existantes vers lesquelles se tourner ont une approche essentiellement administrative. On n’a pas toujours accès à des entrepreneurs et on fait face à la solitude de l’entrepreneur. Avec Aynos, j’ai appris à entreprendre, à gérer des choses que je ne connaissais pas (gérer la clientèle, la concurrence qui évolue très vite, maintenir la confiance…). Je me suis dit que si j’en sortais vivante, il fallait que je transmette ces compétences. 

En quoi consiste votre activité ? 

SJ. Nous accompagnons des créateurs d’entreprise et des dirigeants de TPE/PME sur tous types de projets sans exclusion, de l’idée jusqu’au moment où ils se sentent prêts à se lancer et ce jusqu’à temps que l’entreprise soit solide. 

Il faut être très long-termiste dans l’accompagnement et proposer un programme complet. Nous ajoutons une mise en réseau (Talâme, c’est l’association du mont Tal, le volcan philippin, et Palam qui signifie « pont » en hindi). Nous créons des ponts, des passerelles de compétences : les entrepreneurs ne sont jamais seuls et peuvent parler à d’autres entrepreneurs.

Comment voyez-vous la suite de l’aventure ?

SJ. Talâme ayant une forte dimension sociale, je travaille à favoriser l’entrepreneuriat comme voie d’insertion professionnelle auprès de personnes éloignées de l’entreprise

(personnes sans emploi, femmes victimes de violences conjugales, jeunes issus de zones prioritaires…) et à développer des programmes sociaux et solidaires. Je travaille avec beaucoup d’acteurs de l’entrepreneuriat social. 

J’aimerais avancer sur la mise en réseau et poursuivre le mentorat dans des écoles, des centres décrochages scolaires…. Cela peut générer des vocations, de l’espoir. L’idée est d’entretenir l’étincelle qu’on a dans les yeux de ceux qui entreprennent. Il faut que les gens continuent d’être heureux. Moi je suis une entrepreneuse heureuse ! 

Telaqua, la startup qui rend l’irrigation intelligente

Parmi les entreprises qui mettent le numérique au service de la planète, la startup Telaqua propose aux agriculteurs des solutions connectées pour optimiser l’irrigation de leurs cultures. 

Fuites, vannes qui ne se déclenchent pas, pression trop basse… La gestion de l’eau est un enjeu clé pour les agriculteurs. Pour pallier ces nombreux aléas, Telaqua leur permet d’optimiser leur consommation d’eau via une application simple et intuitive basée sur l’intelligence artificielle. Ces solutions connectées les aident à surveiller, piloter et automatiser leur système d’irrigation grâce à des capteurs connectés. L’objectif : limiter le gaspillage de l’eau et s’assurer que chaque plante reçoive la bonne quantité d’eau au bon moment.

Un déploiement à l’international dès sa conception

Ce projet d’irrigation connecté a été conçu par Nicolas Carvallo, franco-chilien et CTO de Telaqua, à la faveur d’échanges avec son père, expert en systèmes d’irrigation qui gère 10 000 hectares au Chili. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un marché au Chili mais aussi en France et en Europe sur cette problématique. Nous avons réalisé les premiers prototypes en région PACA avant de lancer le projet », raconte Sébastien Demech, CEO, ingénieur de formation. Face aux bons résultats obtenus au Chili, avec une consommation d’eau divisée par trois et une productivité multipliée par deux, l’entreprise s’est développée en France, en Espagne, au Portugal et en Côte d’Ivoire.

Telaqua installe des capteurs de pression, des sondes d’humidité et des vannes connectées. Moyennant un abonnement, l’utilisateur reçoit sur son smartphone des données de mesure de sa consommation d’eau et du débit, une alerte en cas de problème, et peut déprogrammer l’arrosage ou le reprogrammer s’il a plu. Très simple à utiliser, l’application ne nécessite aucun pré-requis ni formation préalable. Le système d’irrigation automatique est actuellement en phase de développement avec des laboratoires publics. 

Une levée de fonds pour industrialiser la solution  

En avril dernier, la jeune pousse a bouclé une levée de fonds de 400 000 euros avec MakeSense et deux fonds d’investissement. « Notre solution est en phase d’industrialisation », explique Sébastien Demech. « Grâce à cette levée de fonds, nous avons investi massivement sur la partie produit pour commercialiser des milliers d’exemplaires et avons optimisé l’application en travaillant sur la R&D et l’intelligence artificielle. » Les trois co-fondateurs comptent sur une deuxième levée de fonds en janvier 2021 afin de poursuivre l’industrialisation et commercialiser entre 700 et 1000 capteurs l’an prochain.

Chiffres clés : 

  • Lancement en avril 2018
  • 3 associés, 7 salariés
  • Une centaine de capteurs à travers le monde
  • Présent sur 3 continents
  • 80% de son chiffre d’affaires à l’international
  • Installation de chaque capteur en moins de 10 minutes 

> Article publié sur Big Média (Bpifrance)

« Jamais deux sans trois » : la devise d’Aurélia Del Sol, créatrice d’entreprise pour la troisième fois

Bpifrance soutient l’audace des entrepreneurs qui, comme Aurélia Del Sol, ont eu le courage de rebondir et de surmonter les obstacles. Après avoir créé 2 sociétés, cette Française qui vit en Australie depuis près de 2 ans a fondé début mars Here comes del sol, qui propose des cours de yoga du visage en ligne sous forme de programmes et d’abonnements, ainsi que des cours de yoga.

Bpifrance : Comment a débuté votre parcours dentrepreneure ?

Aurélia Del Sol. J’ai créé une enseigne à domicile qui s’appelait La Bonne Maison : la semaine, je donnais des cours de yoga et le week-end, je proposais des brunchs cachés. J’y ai rencontré Julie avec qui j’ai fondé Chez Simone, « l’appartement qui vous veut du bien » dédié au bien-être (sport, food et partage). On s’est lancé à corps perdu dans ce projet incroyable qui a généré une fatigue extrême. Ces 2 ans ½ d’entrepreneuriat ont été challengeants et enrichissants bien qu’éprouvants. Avec le recul, j’aurais adoré être coachée, prendre mon temps pour les décisions importantes, être plus pondérée… 

B. D’où vous est venue l’idée de créer Here comes del sol ? 

ADS. Après l’aventure Chez Simone, je suis partie en Australie. Un an et demi de grands questionnements et d’introspection loin de mes repères et face à moi-même. Qu’est-ce que j’allais faire ? C’est difficile d’enlever ses couches de protection. Dans un pays étranger, on ne peut se raccrocher à rien. J’ai compris que la solution était à l’intérieur de moi. Je me suis formée en yoga à Bali puis j’ai commencé à donner des cours en Australie. Je me suis alors demandé comment me différentier. « Use your mess to create a message », ai-je entendu dans un podcast. J’avais résolu en une semaine avec le yoga du visage un problème de mâchoires serrées, je me sentais beaucoup mieux. C’était magique ! J’ai voulu partager cette méthode au plus grand nombre, la rendre cool et accessible pour donner envie de revenir à soi. Je me suis formée en ligne avec une experte en Angleterre. J’y ajouté ce que je sais faire – respiration, méditation et beauty food – pour créer la méthode « Face soul yoga » : se nourrir à l’intérieur pour être bien dans ses baskets. 

B. Quelles ont été vos ressources pour lancer ce projet ? 

ADS. J’aime les challenges, je me suis dit : « vas-y, fais-le ». J’ai pris ma caméra, mon micro, j’ai acheté une caméra et créé un petit studio chez moi – cela ne représentait quasiment aucun investissement. Et les compétences dont j’avais besoin, je les ai créées. Au début, je refaisais les vidéos car je n’avais ni le bon son ni la bonne image. Maintenant, je connais mes forces et mes faiblesses. J’ai besoin d’un expert-comptable, d’un monteur et de me concentrer sur ma plus grande force : créer du contenu. Durant le confinement, ma communauté sur les réseaux sociaux qui était déjà importante a beaucoup grossi. J’ai fait des lives sur Instagram qui ont touché entre 1000 et 12 000 personnes. Rien n’est impossible. 

B. De quoi êtes-vous le plus fière ?

ADS. Lorsque des marques m’ont contactée pour des coachings privés, mon coach m’a aidé à identifier ma valeur et à accepter que j’avais des valeurs et que mes tarifs pouvaient être trop élevés pour certaines. C’était audacieux pour moi de ne pas dire oui à tout ! Aujourd’hui, Here comes del sol compte plus de 226 abonnés et plus de 1680 clients. Mon objectif est d’atteindre au moins 1 000 membres et de faire une application mobile, ou rendre encore plus simple l’accès au contenu.  Je veux démocratiser le yoga du visage et en simplifier l’accès. 

> Article réalisé pour Bpifrance Création

Crypto-monnaies, le nouvel “étalon-or” des investisseurs selon Ledger

Après avoir battu records sur records, les cours du Bitcoin ou de l’Ethereum ont explosé fin 2020. Pascal Gauthier, CEO de Ledger, startup française de sécurité spécialisée dans les crypto-monnaies revient sur la très grande convoitise que génèrent ces actifs.

Il est loin le temps où crypto-monnaie rimait avec darkweb. Réservé aux initiés en 2009 lors de sa création, l’utilisation du Bitcoin – à l’instar de ses cousines Ethereum ou Ripple – semble s’être démocratisée, et ce de façon massive. D’après une étude de l’Université de Cambridge, le nombre d’utilisateurs de bitcoins a été multiplié par 3 en 3 ans : on compte aujourd’hui 101 millions de détenteurs – individus, entreprises et institutionnels – à travers le monde, contre 35 millions en 2018. Une augmentation vertigineuse que la crise sanitaire n’a pas freinée.

Le bitcoin, nouvel étalon-or ?

« Les crypto-monnaies sont une valeur de réserve et un vrai cas d’usage. Le bitcoin garde de la valeur au même titre que l’or. Investisseurs, entrepreneurs et spéculateurs parient sur un nouvel étalon-or », explique Pascal Gauthier, PDG de Ledger, rappelant que l’émission de bitcoins est limitée à 21 millions d’unités contrairement aux monnaies fiduciaires comme l’euro ou le dollar. Pionnier du bitcoin depuis 2014 et leader sur le marché des crypto-monnaies en France et dans le monde, l’entreprise sécurise la détention et les transactions en crypto-monnaies pour les utilisateurs individuels et les entreprises en concevant et commercialisant des portefeuilles physiques numériques appelés hardware wallets.

Mais, les crypto-monnaies, orientées vers la spéculation, restent des actifs d’investissement qui n’offrent « pas de garantie par nature ». En effet, ces monnaies virtuelles sont « des actifs spéculatifs et volatils sans retour sur investissement garanti, ce qui fait leur attrait et éloigne en même temps les personnes prudentes », souligne le dirigeant. Alors faut-il continuer à investir dans les crypto-monnaies ? Ledger « ne donne jamais de conseil d’investissement. Cela dépend de la stratégie de chacun. »

Un marché plutôt porteur

Malgré le risque inhérent à tout investissement, « le marché du bitcoin est plutôt porteur », souligne Pascal Gauthier. « On observe des usages dans le monde entier, notamment dans des pays où les systèmes bancaires ont échoué. En Argentine ou au Venezuela par exemple, les crypto-monnaies jouent un rôle de médium d’échange – et pas seulement de stockage de valeur. » Interrogé sur sa vision des crypto-monnaies à 5 ans, le patron de ce futur « géant mondial » nourrit des « espoirs de développement fort pour le bitcoin. Il s’agit d’une technologie, d’un protocole et d’un actif jeune. L’histoire est encore à construire. »

Chiffres clés de Ledger

  • Création : 2014
  • Effectif : 250 collaborateurs de plus de 25 nationalités 
  • Plus de 2 millions de hardware wallets 
  • Une cinquantaine de clients B2B
  • Plus de 165 pays dans le monde 

Article pour La Tribune / Bpifrance

Fifty Truck, la plateforme intelligente de co-camionnage

Utiliser l’espace vide des camions qui circulent sur les routes françaises, voici le pari que s’est lancé Vincent Roux en créant Fifty Truck en 2015. La startup propose aux transporteurs une solution basée sur l’intelligence artificielle : des algorithmes d’optimisation de trajet.

30% d’espace vide dans les camions qui circulent sur les routes françaises. Une perte considérable à laquelle Vincent Roux veut apporter des solutions. Le dirigeant a fixé pour objectif d’atteindre un taux de remplissage de 100 %. Une ambition réalisable grâce à une intelligence artificielle mise au point pour optimiser les trajets routiers.  

« Nous sommes partis d’un constat : beaucoup de voyages se faisaient à vide dans le transport poids lourds. Or, chaque kilomètre parcouru par un camion représente 1 euro. L’idée était de trouver une solution technologique pour pallier ce manque à gagner ».

Une solution qui augmente le chiffre d’affaires des transporteurs 

À travers son innovation, l’entrepreneur souhaite réduire les intermédiaires et le temps passé en recherche et planification, tout en améliorant la pertinence des rapprochements et en minimisant les consommations de CO2. Après avoir rapidement rassemblé des données grâce à l’intelligence artificielle, Fifty Truck propose des livraisons aux transporteurs pour les aider à optimiser leur chargement et leur éviter ainsi de rouler à vide lors de leur retour sur site. 

Le transporteur lance une recherche de fret sur l’ensemble du parcours du véhicule ; l’outil calcule la pertinence de chaque résultat (kilométrage, détour, chargement) et identifie la réponse transport la plus adaptée auprès de transporteurs partenaires. Fifty Truck a développé ses propres algorithmes, en collaboration avec des sociétés spécialisées dans la cartographie. Une solution qui augmente de 25% le taux de remplissage des camions, et proportionnellement la marge et le chiffre d’affaires. 

Le secteur du transport doit se digitaliser, estime Vincent Roux, qui appelle de ses vœux « une interconnexion des systèmes d’information entre transporteurs pour une pleine exploitation des forces de transports ». Au cœur des stratégies de recherche et développement des entreprises, les solutions innovantes se multiplient pour optimiser les conditions de travail des employés et participer à la décarbonation.

Chiffres clés :

  • Création : 2017 
  • Effectif : 4 salariés
  • + 25% de remplissage des camions
  • 85 à 90 % des algorithmes développés en interne 
  • 1 milliers de transporteurs équipés

Article pour La Tribune / Bpifrance

StockPro : l’application qui prévient le gaspillage dans le BTP

Bpifrance met régulièrement en lumière des entreprises technologiques à impact positif. Dans le secteur du BTP, StockPro est un acteur de la Tech for good qui contribue à faire bouger les lignes en matière d’écologie. Son application permet aux professionnels du bâtiment de piloter leur stock et de vendre leurs matériaux retours chantiers et fins de série afin de valoriser leur marge et de réduire leurs déchets. 

5 milliards d’euros de matériaux neufs issus des retours chantiers qui sont jetés chaque année. Un problème tant économique qu’écologique que Romain de Garsignies a voulu résoudre en cofondant StockPro. Cette application mobile a « une double proposition de valeur : c’est à la fois un outil de pilotage de stock pour réutiliser ses matériaux dormants et une plateforme professionnelle d’achat et de vente de matériaux neufs en stock », indique-t-il. Cet entrepreneur dans l’âme qui a cofondé plusieurs sociétés dans l’e-commerce, l’énergie solaire et le BTP s’est toujours intéressé au sujet du gaspillage. 

La 1ère place de marché de matériaux de réemploi en France

« Je crois à l’économie circulaire et à une approche collective qui associe tous les acteurs du réemploi – maîtres d’ouvrage et commanditaires », ajoute-t-il. Labellisée GreenTech verte par le ministère de la Transition écologique et solidaire, cette application engagée dans la lutte contre le gaspillage profite à toute la communauté du bâtiment (gérants du BTP, négociants, fabricants, architectes…) et intéresse désormais les distributeurs.

StockPro est également un canal de vente professionnel qui permet d’offrir une seconde première vie à des matériaux neufs invendus pour réaliser une marge supplémentaire, et de commercialiser les fins de séries.Pour mettre un produit en ligne sur la plateforme, l’utilisateur doit scanner le code-barre. Il peut choisir de le vendre ou non une fois le produit numérisé.

Devenir la plateforme référente de réemploi dans le BTP 

L’entreprise a rédigé une clause de réemploi de matériaux neufs que les maîtres d’ouvrage peuvent intégrer dans leurs appels d’offre afin de monitorer et d’encadrer le gaspillage des matériaux. « L’objectif est qu’aucun matériau neuf ne se retrouve dans la benne et d’imposer un pourcentage du marché en matériaux de réemploi », explique Romain de Garsignies. Durant le confinement, l’entreprise a rendu son application gratuite pour tous les professionnels du BTP. Son ambition : devenir la plateforme de référence en France en préemptant 20% du marché des matériaux de réemploi. Sa solution anti-gaspi sera bientôt adaptée au secteur hospitalier. 

StockPro en chiffres :

  • Lancement de l’application en juin 2019
  • Plus de 300 abonnés à l’application de gestion de stock
  • Plus de 10 000 utilisateurs
  • 110 000 matériaux en vente
  • 10 millions de matériaux référencés dans la base de données
  • 6 minutes d’utilisation moyenne sur l’application
  • 60% de réemploi pour chaque utilisateur de StockPro
  • 450 000 entreprises du bâtiment en France
  • Plus de 150 000 artisans

> Article publié sur Big Média (Bpifrance)

Régis Saleur [Supernova Invest] : « Nous gérons 260 millions d’euros et avons investi dans plus de 150 entreprises »

Supernova Invest est une société de gestion de fonds de capital-risque spécialisée dans la deep tech : des technologies de rupture, le plus souvent issues de la recherche publique, dans le digital (micro-électronique), la santé (dispositifs implantés, applications médicales…), l’énergie et l’environnement, ainsi que l’usine 4.0 (robotique, impression 3D…).

Bpifrance : Comment se déroulent les investissements ? 

Régis Saleur : Ce qui nous intéresse, c’est la croissance de sociétés très innovantes et souvent relativement jeunes (de moins de 10 ans). Nous intervenons en phase d’amorçage, de venture capital pour des sociétés entre 1 et 2 millions de chiffre d’affaires et en late stage pour les entreprises en forte croissance qu’on accélère pour les aider à se déployer à l’échelle industrielle ou à l’international. On étudie en moyenne 1 000 dossiers par an. Avec un fond, on finance 15 à 20 sociétés – on cherche à identifier les meilleures, celles qui ont le plus de potentiel. Jusqu’à présent, nous gérons 260 millions d’euros et avons investi dans plus de 150 entreprises dont 60 en portefeuille.

B. Quelles sont les étapes clés avant de décider d’investir ? 

RS. On étudie la proposition de valeur de la société, la technologie utilisée et la propriété intellectuelle, mais aussi l’activité historique et l’équipe. On cherche toute information utile en appelant notamment nos contacts pour se former une opinion sur l’entreprise. L’équipe formée par les personnes les plus séniors de la société présente un projet d’investissement au comité, on rencontre le management puis on décide de manière collégiale. Si le dossier est retenu, on fait une offre et on négocie les conditions d’investissement. On trouve assez systématiquement 2 ou 3 co-investisseurs, ce qui permet de mutualiser le risque. 

B. Avez-vous des anecdotes à partager ? 

RS. L’instruction d’un dossier prend environ 6 mois. Parfois, on met 1 an quand on identifie des startups intéressantes dans lesquelles on estime qu’il est trop tôt d’investir. On préfère alors observer d’abord la manière dont elles se positionnent sur leur marché. Il arrive que des fondateurs se séparent et cèdent leur société, ou au contraire qu’une startup surperforme et se fasse racheter avant de lever des fonds. À ce moment-là, on sait qu’on aurait dû être plus rapide. Cela m’est arrivé 2 fois avec le même fondateur.

B. Comment voyez-vous l’avenir de la deep tech ? 

RS. La deep tech nécessite de la recherche et correspond à des temps longs. On créé des actifs qui sont très concrets et tangibles, ce qui permet d’être plus résistant aux crises (les usines continuent de tourner). Moi qui ai investi pendant 10 ans dans le e-commerce, j’ai vécu la crise de la bulle internet, c’était beaucoup plus dur : on a remis tous les fondamentaux en cause, tout s’est arrêté. Aujourd’hui, on a besoin de faire la transition écologique et numérique. Le choc de la crise COVID est violent mais les fondamentaux sont toujours là. Ça me rend positif. Je suis content de travailler dans la deep tech.

> Article pour Big Média (Bpifrance)

Recrutement : l’intelligence artificielle, un outil au service de l’humain ?

L’Intelligence Artificielle (IA) facilite le travail des recruteurs en permettant d’automatiser certaines tâches à faible valeur ajoutée. Pour trouver la perle rare, elle représente un atout à condition que l’humain reste au centre des échanges. 

L’IA se fait une place de plus en plus grande dans le secteur des ressources humaines. En 2017, 49% des entreprises prévoyaient déjà d’y avoir recours dans leur processus de recrutement, d’après l’étude Talent acquisition: Enter the cognitive recruiter réalisée par le cabinet Deloitte. Ces technologies interviennent à différentes étapes du processus d’embauche pour décortiquer et sélectionner les CV, faire passer le premier entretien et évaluer le discours des candidats.

Une aide à la sélection de profils 

L’IA est un outil efficace de sourcing et de présélection de candidatures, qui permet de mieux identifier les talents en adéquation avec le poste à pourvoir (sites de matching, applications de géolocalisation…). Preuve en est avec le groupe RH&M, qui utilise les services d’HelloWork, société spécialisée dans l’IA du recrutement. « Nous recevions de moins en moins de candidatures pertinentes, de quoi être sérieusement inquiets », raconte Delphine Lancel, directrice associée de cette TPE parisienne qui anime des réseaux de DRH. « Grâce à l’IA, j’ai reçu de nombreux CV conformes à nos attentes bien que très différents. J’ai été impressionnée par la qualité et la variété des candidatures reçues, et ainsi par la puissance de cette technologie. Le sourcing est si qualitatif qu’il semble être le fruit d’une sélection humaine. C’est ce dont on avait toujours rêvé mais qu’on n’arrivait pas à faire », poursuit-elle. S’appuyant sur un système de mots-clés et des critères de proximité, la technologie valorise les compétences plutôt que le diplôme, l’école ou le secteur d’activité. 

Selon une étude réalisée en France par le cabinet de recrutement Robert Walters, l’IA serait synonyme de gain de temps et d’argent pour 41 % des recruteurs. Elle a permis à RH&M de recruter en moins de 30 jours 3 personnes en CDI avec seulement 2 offres diffusées sur les plateformes – et une dizaine de salariés depuis 1 an ½.  

Vers le recruteur augmenté ?

Mais d’après le cabinet Robert Walters, 62% des candidats pensent que « l’usage de l’intelligence artificielle dans le processus de recrutement présente un risque de déshumanisation ou de manque de personnalisation ». Dans quelle mesure un robot peut-il apprécier la dimension culturelle de notre façon de parler et des éventuelles déficiences d’un candidat (appréciation d’un silence, évaluation d’une personne bègue ou au débit de parole lent…) ? Ainsi, il est nécessaire d’utiliser l’IA à bon escient pour préserver l’expérience candidat et éviter tout risque de dérapage. « Loin de remplacer le recruteur, l’IA le supplée, enrichit sa valeur et le rend plus stratégique », souligne Delphine Lancel, rappelant que « rien ne vaut une bonne discussion ». Si cet outil peut s’avérer très utile et performant, la prise de décision finale reste bien entre les mains de l’employeur. 

> Article réalisé pour Big Média (Bpifrance)

Rogervoice : l’application qui rend la téléphonie accessible aux sourds et aux malentendants

6 millions de sourds et malentendants en France dont « 500 000 personnes que la surdité empêche de téléphoner au travail et dans la vie quotidienne », précise Olivier Jeannel, fondateur et CEO de Rogervoice. Inspiré par la sortie de Siri, cet ancien manager chez Orange lui-même malentendant depuis l’âge de 2 ans a « voulu complètement changer la donne :les Français passent en moyenne plusieurs appels par jour, le téléphone reste un canal de communication très utilisé », note-t-il. Comme le clame le slogan – « Mes appels, ma liberté » –, son application mobile permet aux malentendants de téléphoner en toute autonomie afin de ne pas dépendre d’un proche ni devoir se rabattre sur une alternative moins satisfaisante.

Un outil à fort impact sociétal 

Disponible sur iOS et Android, l’application Rogervoice se définit comme « la 1ère technologie pour sourds et malentendants qui accompagne gratuitement vos appels ». En mariant l’intelligence artificielle et l’humain, elle permet de sous-titrer en temps réel les propos d’un interlocuteur (reconnaissance et synthèse vocale) et d’assurer la traduction d’une conversation en langue des signes française (visio-interprétation) pour les 65 000 personnes malentendantes qui signent en France. Le service de sous-titrage automatique est gratuit et illimité entre deux personnes qui disposent de l’application, et payant sous forme d’abonnements et de crédits pour joindre les personnes qui ne l’ont pas. 

« L’inclusion sociale est notre raison d’être », souligne Olivier Jeannel, fier d’avoir créé un outil qui bénéficie à toute la société. « L’objectif est que toutes les personnes concernées en France puissent rapidement en bénéficier à moindre prix. » Soutenue depuis sa création par Bpifrance, Rogervoice facilite l’insertion professionnelle et l’accessibilité au travail.

L’accessibilité téléphonique, un enjeu pour les entreprises

Depuis 2018, la loi pour une République numérique en France oblige les opérateurs, les grandes entreprises et les administrations à rendre tout service téléphonique accessible. Ainsi, la solution a été choisie par les opérateurs membres de la Fédération française des télécoms (Orange, SFR, Bouygues Telecom…) pour donner accès gratuitement à une heure par mois de communication aux sourds et aux malentendants. Trente entreprises ont aussi fait confiance à Rogervoice pour rendre leur service client accessible. Un virage B2B pour la start-up qui propose désormais une déclinaison web de son application (deux lignes de code sont intégrées dans le back-office du site internet à équiper).

Durant la crise, Rogervoice a été plébiscitée grâce à la mobilisation de l’équipe pour rendre accessible le numéro vert mis en place par le gouvernement. Conçue dès l’origine pour l’international, l’application est utilisée dans 52 pays et disponible dans plus de 100 langues à travers le monde. Prochaine étape : l’international en B2B.

Chiffres clés

  • Lancée en 2015
  • 40 000 utilisateurs dans le monde entier
  • Déjà 1 million d’appels passés grâce à l’application 
  • + de 60 000 appels chaque mois 

Article pour La Tribune / Bpifrance

Sensoria Analytics veille à la santé de votre cœur

Quand l’innovation digitale se veut positive et au service des autres, elle mérite un coup de projecteur ! Aujourd’hui, Bpifrance met en lumière l’entreprise Sensoria Analytics dédiée à la prévention des maladies cardiorespiratoires.

« Chaque année, les pathologies cardiovasculaires tuent 18 millions de personnes dans le monde, soit 1 personne sur 3, dont la moitié n’a aucun symptôme antérieur. C’est un non-sens alors que des solutions simples existent », déclare Slah Aridhi, fondateur et CEO de Sensoria Analytics. Ingénieur en intelligence artificielle et en traitement de biosignaux, qui a coordonné des programmes complexes au Canada, aux État-Unis et en Europe, a créé une solution de prévention des maladies cardiorespiratoires baptisée CardioSensys.

Le premier outil de dépistage systématique du risque cardiovasculaire

Utilisant les dernières avancées de l’intelligence artificielle et du traitement des signes vitaux, CardioSensys permet aux médecins généralistes d’évaluer en moins de 2 minutes les risques d’accidents cardiovasculaires chez leurs patients. Intégré dans le parcours de soins classique, ce prédiagnostic simple, non-invasif, rapide et fiable permet de sauver des vies et de réduire le coût lié à la prise en charge de ces pathologies par le système de santé. « L’idée est de créer une prise de conscience d’abord chez le professionnel de santé puis chez le malade afin qu’il puisse lui-même se prendre en charge ».

Cet outil est composé d’un oxymètre puissant développé par la startup pour palier la piètre qualité des oxymètres sur le marché (« nous ajoutons de nouvelles fonctionnalités à un outil existant »), et d’un logiciel d’intelligence artificielle. « Outil de dépistage et non de diagnostic », il analyse 7 signes vitaux : saturation en oxygène, indice de tension artérielle et élasticité, taux respiratoire, indice de rigidité artérielle et rythme et la variabilité cardiaque. 

La santé digitale, un marché en pleine explosion

Encore à l’état de prototype même si « le cœur de la technologie est là », CardioSensys est en phase de précommercialisation. Des tests cliniques sont prévus cette année au CHU de Nice, ainsi que du beta testing auprès de nombreux médecins. « Nous nous adressons aujourd’hui aux médecins, puis nous ciblerons le grand public », précise Slah Aridhi. Après avoir levé 200 000 euros avec l’aide de Bpifrance et de l’incubateur Paca-Est (Sophia-Antipolis), il envisage une deuxième levée de fonds d’un million d’euros. « Avec la pandémie du Covid-19, le marché mondial de la santé digitale va exploser. Il devrait atteindre 509 milliards de dollars d’ici 2025 », note-t-il. « En France, les startups françaises en healthtech devraient générer un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros en 2030 ».

Sensoria Analytics en chiffres

  • Lancement en 2017
  • Commercialisation de l’outil fin 2020
  • 7 signes vitaux clés analysés
  • Évaluation du risque cardiovasculaire en 2 minutes

Article pour La Tribune / Bpifrance

Aurizone, un GPS d’intérieur pour tous

Quand l’innovation digitale se veut positive et au service des autres, elle mérite un coup de projecteur ! Aujourd’hui, Bpifrance met en lumière l’entreprise Aurizone qui propose un GPS d’intérieur conçu pour guider les personnes aveugles ou malvoyantes au sein des bâtiments et s’adresse à tous ceux qui se perdent facilement dans de grands espaces.

« Notre désir était de rendre les bâtiments plus accessibles grâce aux progrès de l’intelligence artificielle », raconte CyrilCourtonne, cofondateur d’Aurizone. Ingénieur de formation, il a longtemps travaillé dans les télécoms avant de diriger une agence d’innovation digitale. Pour lancer sa startup, il s’est associé avec un architecte (à l’origine d’un bâtiment inclusif dans le cadre du programme « Réinventer Paris ») et un docteur en intelligence artificielle. 

L’application smartphone qui rend le monde plus accessible 

Dans le secteur du bâtiment, Aurizone représente « une innovation majeure : le GPS d’intérieur pour tous ». Fruit de la collaboration entre usagers, architectes et scientifiques, cette application a été conçue pour guider les personnes aveugles ou malvoyantes dans les bâtiments. « Au démarrage, nous avons organisé des « labs Aurizone » pour recueillir les retours des utilisateurs malvoyants », relate Cyril Courtonne.

Disponible gratuitement sur Android et iOS, cette application intègre 3 fonctionnalités : la localisation, la découverte et le guidage. L’utilisateur est géolocalisé précisément à l’intérieur d’un bâtiment grâce à une cartographie précise des locaux et à l’analyse des signaux émis par le maillage de balises Bluetooth Low Energy – sans GPS. Il peut être assisté dans ses déplacements via une description en temps réel de son environnement. Il peut également être guidé pas à pas vers un point d’intérêt. Depuis peu, l’app propose en outre des contenus enrichis (mp3, textes et audioguide géolocalisés), une fonctionnalité validée par la société Streetlab au cœur de l’Institut de la Vision.

Un outil de guidage universel 

Utile à tous, Aurizone permet de mieux se repérer et s’orienter dans des environnements complexes – bâtiments publics, gares, musées, sièges sociaux d’entreprises… En France, le Palais de Justice de Paris, le Ministère des Armées, des boutiques Orange, des bâtiments L’Oréal, La Maison de Victor Hugo (Paris Musée) et la gare d’Aix-en-Provence en sont déjà équipés ; en Asie, des bâtiments à Singapour et à Bangkok. Prochains projets d’ici fin 2020 : une grande salle d’événementiel, des gares, et deux musées (pour la fonction audioguide). D’ici 2024, les Jeux olympiques à Paris « qui seront résolument inclusifs ». Très sollicitée à l’étranger, la startup parisienne, en pleine structuration, compte poursuivre son internationalisation.

Aurizone en chiffres : 

  • Lancée en 2017
  • 12 bâtiments équipés 
  • Une soixantaine de bâtiments équipés d’ici 2021
  • 1 million de mètres carrés couverts 
  • 3 000 utilisateurs récurrents 

> Article pour Big Média (Bpifrance)

Tous connectés !

Les étudiants seine-et-marnais ont du talent. Deux de leurs projets viennent d’être récompensés pour leur caractère tout à la fois technologique et innovant.

La livraison de colis par drone ? C’est le projet d’Hadrien Busieau et Thomas Denner, ingénieurs de l’École des Ponts Paris Tech, lauréats 2015 du concours “Tous connectés” en Seine-et-Marne.

Ce dispositif soutenu dans le département par l’Université Paris Est et PEPITE 3EF (Entrepreneuriat Etudiant dans l’Est Parisien) vise à promouvoir des projets technologiques et innovants portés par des jeunes étudiants. Autres lauréats parmi les sept projets en concours le 18 juin dernier à l’UPEM, Thomas Bardoux (UPEM) et Hélène Chu (CNAM) pour “Signo”, coup de cœur du public, un lecteur de musique audio-connecté aux téléphones portables.

Le jury a également souligné la qualité du projet d’Anaïs Kali : Monpetitbalcon.fr, plateforme collaborative pour citadins jardiniers en herbe et amoureux de cuisine. Les
lauréats pourront défendre leur projet pour obtenir le statut d’étudiant- entrepreneur par le biais du comité PEPITE 3EF qui instruira la demande pour le compte du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Retrouvez l’article dans le magazine Trajectoires #41

Trajectoires est le magazine du Conseil départemental de 
Seine-et-Marne (77).
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